Pierre QUINON et les autres…

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L’annonce du suicide, le 17 août dernier, de Pierre Quinon, champion olympique de saut à la perche à Los Angeles en 1984, constitua un choc pour bon nombre d’amateurs du sport en général et de l’athlétisme en particulier. Le décès, dans de dramatiques circonstances, de médaillés olympiques français – hors cas de guerre – n’est pourtant pas chose si rare. Petite revue de détail…

 

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BALME Eugène

• Médaillé d’or à Londres 1908 (Tir - rifle libre par équipe)

• Médaillé de bronze à Paris 1900 (Tir - 25 m pistolet feu rapide 60 coups)

Né le 22 novembre 1874 à Oullins (Rhône), ingénieur de l’École Centrale des Arts et Manufactures en 1897, diplômé de Supelec en 1899, il prend une licence au Cercle des Carabiniers de Paris et obtient la médaille de bronze aux Jeux de 1900 puis l’or en 1908. Entre-temps, en 1906, il devient champion du monde. En 1913, il dépose le brevet d’invention d’un stylo à bille, et se suicide à Paris le 24 février 1914. Certains estiment qu’il craignait d’être ruiné, après avoir investi dans une entreprise de décolletage.

 

bonlieuBONLIEU François

• Médaillé d’or à Innsbruck 1964 (Ski alpin - slalom géant)

S’il suit sa mère partie s’installer aux Condamines (Haute-Savoie) alors qu’il n’est encore que petit enfant, c’est à Juvincourt (Aisne) qu’il naît le 31 mars 1937. Le « Petit Prince », comme on le surnomme, a juste 16 ans lorsqu’il devient champion de France toutes catégories du slalom géant ; l’année suivante, il décroche l’or aux championnats du monde. Sa plus belle victoire reste néanmoins celle obtenue aux JO de 1964 à Innsbruck (Autriche). Personnage ténébreux, celui qui est le beau-frère de Jean Vuarnet fait le choix d’une fin de vie misérable. Il décède à l’Hôpital Saint-Roch de Nice (Alpes-Maritimes) le 18 août 1973, à la suite d’une agression qui lui provoque de multiples fractures du crâne.

 

BOUDEHEN Jean-Pierre

• Médaillé d’argent à Tokyo 1964 (Canoë en eaux calmes - C2 1 000 m)

Né le 11 janvier 1939 à Petit-Couronne (Seine-Maritime), il obtient la médaille d’argent aux JO de Tokyo 1964 avec Michel Chapuis dans l’épreuve des 1 000 m canoë biplace homme, derrière l’équipage soviétique. Il est également champion de France en rivière sportive en 1965, 1967, 1968 et 1969, et champion du monde de descente en 1969 en C1. Installé à Vallon-Pont d’Arc (Ardèche), il y décède en 1982, son corps étant retrouvé le 4 septembre, une semaine environ après la date probable de sa mort.

 

CERBONI Marc, Yves, Michel

• Médaillé de bronze à Los Angeles 1984 (Escrime - fleuret par équipe)

Né le 20 octobre 1955 à Nice (Alpes-Maritimes), cet escrimeur exerce durant sa vie active la profession d’ingénieur. Il s’éteint prématurément sur les flancs de Claï inférieur, sommet du Mercantour, situé dans la commune de Saint-Etienne-de-Tinée, dans le même département, le 2 décembre 1990.

 

chocque2.JPGCHOCQUE Paul

• Médaillé d’argent à Los Angeles 1932 (Cyclisme sur piste - poursuite par équipe

4 000 m)

Cycliste né à Meudon (Hauts-de-Seine) le 14 juillet 1910, c’est en tant qu’amateur qu’il se fait un nom, en battant le record de l’heure en triplette (1927), puis en remportant au début des années 30 plusieurs épreuves (Paris-Evreux et Paris-Le Mans en 1930, Berne-Genève en 1931) et surtout une médaille olympique en 1932 : l’argent dans l’épreuve de poursuite par

équipe. Passé professionnel en 1933, il entame alors une carrière qui le mène jusqu’en 1949, période pendant laquelle il remporte notamment deux fois les championnats de France de cyclo-cross (1936 - 1938) et deux étapes du Tour de France (1937). Il décède le 4 septembre 1949 à Paris 15ème arrondissement, après une chute sur la piste du Parc des Princes.

 

CUGNOT Jean

• Médaillé d’or à Paris 1924 (Cyclisme sur piste - 2 000 m tandem)

• Médaillé de bronze à Paris 1924 (Cyclisme sur piste - vitesse individuel)

Né le 3 août 1899 à Paris 16e, ce cycliste de renom (champion de France, vainqueur du Grand Prix de Paris), décède tragiquement à l’occasion d’une course le 25 juin 1933 sur le vélodrome de Vincennes. Sur une piste rendue glissante par la pluie et suite à l’éclatement de son pneu avant, Jean Cugnot chute et perd définitivement connaissance, victime d’une fracture du crâne. Transporté à l’hôpital parisien de St-Antoine (12ème arrondissement), il y décède à 20 h 30. C’est à la suite de cet accident que le port du casque pour les épreuves de cyclisme sur piste devient obligatoire en France.

 

DERENCY René

• Médaillé d’argent à Londres 1948 (Basket-ball)

Fauché en pleine gloire : voilà comment l’on peut résumer la courte existence de ce basketteur né le 27 mai 1925 à Sochaux (Doubs). Joueur à Sochaux, Bellegarde, La Guillotière, Fougères et à Nantes, il est sélectionné 15 fois en équipe nationale entre 1948 et 1951, et participe activement à l’obtention, par la France, de la médaille d’argent olympique de 1948, en étant le héros de la demi-finale contre le Brésil, marquant à lui seul seize points. Âgé seulement 29 ans, victime d’un accident automobile, il décède le 18 octobre 1954 à Nantes (Loire-Atlantique).

 

heriotHERIOT Virginie

• Médaillé d’or à Amsterdam 1928 (Voile - 8 m mixte)

Légende de la voile féminine, Virginie Hériot naît au Vésinet (Yvelines) le 26 juillet 1893 dans une famille particulièrement aisée. Initiée très jeune à la navigation, celle qui devient, par son mariage en 1910, la vicomtesse Hainque de Saint Senoch (elle divorce quelques années plus tard), fait construire des navires de compétition. D’éclatantes victoires viennent enrichir son palmarès dans les années 1920, qui contribuent à promouvoir la voile tricolore et les chantiers navals français. Première femme quartier-maître d’honneur de la Marine en 1928, chevalier de la Légion d’Honneur, elle est également écrivaine à ses heures. Le 28 août 1932, elle meurt à bord de L’Ailée, en rade d’Arcachon (Gironde). D’abord inhumé à La Boissière-École (Yvelines), son corps est finalement rendu à la mer, par son fils, en 1948, au large de Brest (Finistère). Depuis 1946, le Yacht Club de France, dont elle a été membre, décerne tous les deux ans la Coupe Virginie-Hériot, un des plus prestigieux trophées du yachting.

 

hostache.jpgHOSTACHE Emmanuel

• Médaillé de bronze à Nagano 1998 (Bobsleigh - bob à quatre)

A seulement trente-et-un ans, le 30 mai 2007, Emmanuel Hostache cède face au cancer, à Siegen (Allemagne). Cet athlète de La Mure (Isère), né le 18 juillet 1975, est d’abord un excellent athlète, recordman de France du lancer du poids chez les juniors, et de nombreuses fois sélectionné, entre 1992 et 1998, avec les équipes de France d’athlétisme chez les catégories de jeunes. Ses qualités l’entraînent vers le bobsleigh à quatre, discipline dans laquelle il obtient une médaille de bronze lors des JO de Nagano, puis un titre mondial et européen les deux années suivantes. Hélas, en 2000, la maladie se déclare, qui ne l’empêche toutefois pas, grâce à un mental hors du commun, de revenir à la compétition de haut niveau et participer aux JO de Salt Lake City en 2002. En 2004, son cancer récidive et anéantit définitivement celui qui inscrit également à son palmarès, durant sa courte existence, 11 titres de champion de France en bob et 7 en athlétisme.

 


kirchhofferKIRCHHOFFER Simon

• Médaillé d’argent à Paris 1900 (Escrime - fleuret maître d’armes)

Né le 19 décembre 1873 à Paris, virtuose de l’épée, il devient maître d’armes à 16 ans, et est surnommé le « Mozart de l’escrime ». Vainqueur en 1896 du 1er tournoi international de fleuret de Paris, sa carrière phénoménale (il combat dans de nombreux pays étrangers) est brisée par une amputation des deux jambes, suite à une infection, en 1911. Chevalier de la Légion d’Honneur, il décède le 30 juin 1913, dans le 5e arrondissement de Paris, au domicile de sa mère du 2 rue Pierre Curie.

 


le grevesLE GREVÈS René, Jean

• Médaillé d’argent à Los Angeles 1932 (Cyclisme sur piste - poursuite par équipe

4 000 m)

Né le 6 juin 1910 à Paris 14ème arrondissement, sa carrière de cycliste amateur prend fin avec la médaille d’argent qu’il obtient aux Jeux de 1932. Il passe alors professionnel et le reste jusqu’en 1941. Excellent sprinter, il se fait notamment connaître par son titre de champion de France sur route en 1936 (il est second en 1935 et 1937), et ses seize victoires d’étape sur le Tour de France entre 1933 et 1939. Bien que domicilié à Saint-Étienne (Loire), il décède le 25 février 1946 à Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), à l’âge de 36 ans, des suites d’un accident de ski.

 

lenglenLENGLEN Susanne

• Médaillée d’or à Anvers 1920 (Tennis - simple femmes)

• Médaillée d’or à Anvers 1920 (Tennis - double mixte)

• Médaillée de bronze à Anvers 1920 (Tennis - double femmes)

Née au domicile de ses parents, rue Ranelagh, à Paris 16ème arrondissement, le 24 mai 1899, elle est la plus grande gloire du tennis féminin français, et certainement la meilleure joueuse mondiale de son époque. Six fois victorieuse des internationaux de France (entre 1919 et 1926) et du tournoi de Wimbledon (entre 1919 et 1925) en simple dames, elle est également de très nombreuses fois titrée en double. Véritable star des courts, attirant à elle des milliers de spectateurs, elle devient professionnelle en 1926, avant d’ouvrir une école de tennis en 1935. Elle décède prématurément d’une leucémie à Paris, le 4 juillet 1938 en son domicile du 4 square Jean-Paul Laurens, puis est inhumée au cimetière ancien de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Un court porte aujourd’hui son nom au stade Roland-Garros.

 

MOREL Georges

• Médaillé d’argent à Tokyo 1964 (Aviron - deux de pointe avec barreur)

Né le 11 juillet 1938 à La Teste-de-Buch (Gironde), le sociétaire de l’Aviron arcachonnais compte à son actif cinq titres de champion de France obtenus dans les années 1960 et une victoire aux Jeux méditerranéens (1963). Mais c’est souvent à la seconde place qu’il se classe : il est décoré d’argent aux JO 1964, mais aussi aux championnats du monde 1966 et aux championnats d’Europe 1967. Charpentier de marine, frère de Jacques, également médaillé olympique, cet ancien employé municipal à la ville d’Arcachon est retrouvé mort dans sa commune natale le 21 novembre 2004, la date du décès étant indéterminée.

 

OREILLER Henri

• Médaillé d’or à Saint-Moritz 1948 (Ski alpin - combiné alpin)

• Médaillé d’or à Saint-Moritz 1948 (Ski alpin - descente)

• Médaillé de bronze à Saint-Moritz 1948 (Ski alpin - slalom)

« Le Parisien de Val-d’Isère », comme il est surnommé, naît en effet dans le 9ème arrondissement de la capitale, le 5 décembre 1925, mais habite dès l’enfance chez sa tante à Val-d’Isère (Savoie), où il se prend de passion pour le ski. Champion de France de slalom spécial en 1947, il est le héros des Jeux l’année suivante, où il remporte trois médailles. En 1952, il abandonne les pistes enneigées pour celles du rallye automobile ; il remporte d’ailleurs le championnat de France automobile en 1959. Cette nouvelle vie lui est fatale le 7 octobre 1962, jour où il est victime d’un accident sur la piste de Linas-Montlhéry. Transporté à l’hôpital d’Arpajon puis à Paris, il y décède le jour même dans le 14e arrondissement, à l’hôpital Cochin. Il n’a pas 37 ans. Le centre de Congrès de Val-d’Isère porte aujourd’hui son nom.

 

rubyRUBY Karine, Martine

• Médaillée d’or à Nagano 1998 (Surf des neiges - slalom géant)

• Médaillée d’argent à Salt Lake City 2002 (Surf des neiges - slalom géant

parallèle)

Née le 4 janvier 1978 à Bonneville (Haute-Savoie) de parents enseignants, elle est la première championne olympique de snowboard de l’histoire, avec l’or obtenu à Nagano, au Japon, en 1998. Également médaillée d’argent du slalom géant parallèle des JO 2002 et six fois championne du monde (deux en géant, une en slalom parallèle, trois en snowboardcross), elle remporte en outre 6 victoires en Coupe du monde. Après 67 victoires et 122 podiums au total, elle abandonne la compétition en 2006 pour exercer la profession du guide de haute montagne. Le 29 mai 2009, âgée de seulement 31 ans, elle se tue accidentellement, en accompagnant des clients, en chutant dans une crevasse du massif du Mont Blanc, sur la commune de Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie).

 

VALLEREY Georges

• Médaillé de bronze à Londres 1948 (Natation - 100 m dos)

Né le 21 octobre 1927 à Amiens (Somme) dans une famille d’excellents nageurs (son père participe même aux JO de 1924, comme sa soeur en 1948 ; son frère remporte plusieurs championnats de France), il est six fois champion de France. Licencié successivement dans plusieurs clubs - d’abord Casablanca, où la famille s’est installée, puis Toulouse et Castres, il bat plusieurs records continentaux et mondiaux, en individuel et en relais. Il n’a pas 27 ans quand il décède à Casablanca (Maroc) le 4 octobre 1954, atteint, semble-t-il, de néphrite. Plusieurs piscines, à Amiens ou comme l’ancienne piscine parisienne des Tourelles, théâtre de nombre de ses exploits, sont aujourd’hui baptisées « Georges-Vallerey ».

 

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