La longue marche des Françaises aux Jeux Olympiques

Publié le par medailles-olympiques-francais.over-blog.com

« Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte ». Cette phrase bien connue du rénovateur des Jeux Olympiques Pierre de Coubertin, prononcée en 1912, explique à elle seule à quel point la participation des femmes aux JO est, en 1896, totalement inenvisageable. De fait, les premiers Jeux modernes se déroulent à Athènes sans aucune présence féminine. Quatre ans plus tard, aux Jeux de Paris, elles sont seulement 22 femmes à figurer parmi les 997 athlètes engagés, et le sont dans des disciplines moins en vue, comme le croquet, le tennis et le golf.

 

Pierre de Coubertin s’opposera vigoureusement, jusqu’à sa mort en 1937, à la féminisation des JO, considérant qu’ils « doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs » mais ne pourra durablement imposer ses vues phallocrates en raison de l’émancipation des femmes dans la vie sociale, notamment durant la Grande Guerre, au cours de laquelle les femmes prennent la place des hommes dans les usines, les champs, la direction de la famille, bref dans la société en général. L’obtention de la Légion d’Honneur par l’écrivaine Colette en 1920, et la gloire immense de la tenniswoman Suzanne Lenglen, 6 fois gagnante du tournoi de Wimbledon, dont la popularité dépasse largement les frontières de la France dans les années folles, vont parachever ce mouvement désormais inéluctable de l’accès des femmes à la pratique du sport.

 

Cependant, la marche vers l’égalité des droits sera longue. Il faudra ainsi attendre que Pierre Coubertin ne le préside plus pour que le Comité International Olympique admette officiellement, en 1928, la participation des femmes aux JO. Pire, ce n’est qu’en 1982 que les premières femmes sont nommées au conseil d’administration du CIO, et qu’en… 1998 que la France offre à une femme – Jacqueline Reverdy – la présidence d’une fédération olympique, en l’occurrence celle de l’équitation.


Et les Françaises aux Jeux, dans tout cela ? Qu’il est loin le temps de ces femmes précurseurs qui, en tennis, ouvrirent la voie à tant d’autres ! Rappelons qu’elles se nommaient Marie Broquedis (or et bronze, 1912). et Hélène Prévost (argent, 1900).


 

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Si la présence des Françaises aux JO apparaît dès 1900, elle reste particulièrement discrète jusqu’au début des années 1950, période où elles représentent enfin plus de 20 % des participants aux Jeux. Aujourd’hui, elles comptent pour environ 40 % des sélectionnés olympiques et 30 % des médaillés tricolores. Les Françaises ont aussi, à plusieurs reprises, sauvé la délégation française d’un zéro pointé quant au nombre de médailles remportées au cours d’une Olympiade.

 

Au final, si le nombre de médaillés français balance très largement en faveur des hommes, les athlètes féminines représentent néanmoins un tiers des médaillés aux JO d’hiver, depuis leur création en 1924 ! Elles sont même majoritaires dans certaines disciplines comme le plongeon (avec une seule médaille…) et le surf des neiges…

 

 

Pour aller plus loin, consultez le "Dictionnaire des médaillés olympiques français" (cliquez ici)


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