Nés à l'étranger, ils ont donné une médaille à la France

Publié le par medailles-olympiques-francais.over-blog.com

Voici quelques mois, l'affaire dite des "quotas" polluait le football français. Le débat qui portait alors sur le point de savoir s'il fallait limiter voire interdire aux binationaux de porter le maillot de l'équipe de France ne saurait cacher que ce n'est que lorsque notre pays perd que la question de l'origine de nos champions semblerait poser problème. Une belle mascarade, car quand la France gagne en revanche, ce sujet fait pschitt !

 

De nombreux Français - naturalisés ou non - ont vu le jour dans un autre pays que la France (pour tout savoir cliquez ici). Mais fait amusant, plusieurs médaillés olympiques pour notre pays sont des étrangers non naturalisés ; ce constat existe surtout pour les premiers JO. 

 

Comment le Comité international olympique a-t-il pu attribuer une médaille à un pays quand l'athlète qui la remporte n'en était pas un ressortissant ? Par exemple en prenant en considération le club dans lequel ce sportif était licencié... faisant ainsi primer une certaine forme de citoyenneté de résidence.

 

On peut illustrer notre propos du cas édifiant du champion olympique du marathon des Jeux de 1900, Michel THEATO.C’est le 22 mars 1878 que naît en plein centre de la capitale du Grand-Duché du Luxembourg, au domicile familial du 8 rue Louvigny, cet athlète au physique hors norme, en raison de la longueur extraordinaire de ses jambes. La famille Theato quitte dès 1884 son pays natal et émigre en Belgique avant de s’installer définitivement à Paris, dans le 20ème arrondissement. Là, Michel, ébéniste de profession comme son père, s’inscrit au club amical et sportif de Saint-Mandé pour y pratiquer la course à pied. Il rejoint ensuite le Racing Club de France. Vainqueur ex-aquo du Prix Gondrand en 1900, vice-champion de France de cross en 1901, il passe professionnel en 1902, à l’UA Paris. Premier du marathon olympique de l’an 1900, ses origines conduisent le Luxembourg à demander officiellement au CIO, plusieurs décennies plus tard, à être crédité de la médaille. Cette demande est logiquement rejetée en novembre 2004, au motif que Michel Theato était alors licencié dans un club français. Il serait décédé en 1919 ou en 1923, peut-être à l’Hôpital du Kremlin-Bicêtre.

 

On peut donc être médaillé pour la France sans être de nationalité française.

 

Citons un second cas, amusant lui aussi : celui du seul champion olympique en sports mécanique de l'Histoire des Jeux Olympiques : Ernest, Blakelock THUBRON, médaillé d’or aux JO de Londres en 1908, en motonautique - classe A ouverte. Ce ressortissant britannique naît le 15 juillet 1861 à Monkwearmouth, commune du district de Sunderland (Angleterre). D’abord mécanicien de marine, il travaille en Egypte dans les années 1890 et devint ingénieur-constructeur. Au début du 20ème siècle, on le retrouve qui participe à de nombreuses courses de bateaux à moteur en France. Il entre d’ailleurs à la Chambre syndicale de la Navigation automobile française en 1904. La légende raconte qu’il a été décidé de le faire concourir aux JO sous les couleurs françaises afin de donner une saveur internationale à la compétition… Ses date et lieu de décès, qui n’est pas l’Angleterre, sont inconnus ; il semble acquis qu’il ait été présent en Australie en 1918 et au Canada en 1928.

 

Au final, depuis 1896, les médaillés olympiques français sont nés dans 31 pays étrangers différents, avec une nette prédominance des pays anciennement sous gouvernement français.

 

 

Publié dans Analyses

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